LA NOUVELLE MAIN
03.09.2022 - 22.10.2022

Iray Lalana . Fitiavana Ratovo . La Nouvelle Main . The New Hand . Ilay Tanana Vaovao . 2022 . Courtesy de l’artiste
Sous le commissariat de Joël Andrianomearisoa . Rina Ralay‑Ranaivo
Une exposition de groupe avec
Rose Kely Ranarivelo . Sanka
Fitiavana Ratovo . Andy Rasoloharivony
LA NOUVELLE MAIN
À l’image de ces mots volants sur un tableau noir, la nouvelle main est un balbutiement de quatre jeunes malagasy.
Sont-ils artistes ou non ? Vont-ils devenir artistes ?
Telles sont les questions posées ! Telle est l’intrigue !
Justement ici il n’est pas question de devenir un artiste, mais plutôt de révéler leurs engagements dans la création, leurs désirs de se projeter dans les formes d’aujourd’hui ou de demain dans la belle insouciance de la jeunesse.
À Hakanto Contemporary aujourd’hui, nous sommes fiers de révéler au public quatre jeunes artistes, figures émergentes de la nouvelle scène contemporaine malagasy à travers des œuvres monumentales et inédites produites spécialement pour l’exposition.
Fitiavana Ratovo, Andy Rasoloharivony, Sanka et Rose Kely Ranarivelo ont tout d’abord participé à des ateliers/workshops organisés par Hakanto Contemporary. Des rencontres qui sont mises en place régulièrement dans le but d’encourager le dialogue et les échanges entre les artistes issus de différentes disciplines. Et surtout pour révéler de nouvelles énergies.
Imaginées comme des espaces de discussion et de réflexion collective, ces rencontres ont permis non seulement d’identifier les quatre jeunes artistes de cette exposition, mais aussi de les accompagner dans la mise en forme de leurs idées de création. Car, à ce stade de leur parcours, ils sont tous encore dans une démarche de recherche. Ils continuent d’explorer les possibilités esthétiques à travers et à partir de leurs propres médiums, jusqu’à expérimenter d’autres supports et d’autres formes. L’accompagnement spécifique, qui leur a été donné en préparation de cette exposition, mettait l’accent en particulier sur l’importance de maintenir cette ouverture dans chacune de leurs démarches.
D’emblée, ces jeunes artistes sont animés par le désir de vouloir franchir de nouvelles étapes dans leur lancée. Ils ont l’envie de vouloir aller de l’avant, ainsi que de trouver de nouvelles directions à leurs travaux, les nourrir et leur donner de nouvelles perspectives. Ces artistes en devenir cherchent le moyen de sortir de leur propre zone de confort, de leur habitude ou encore de leur solitude. Et malgré le contexte avec l’avenir flou que réserve cette voie qu’ils ont choisie, ils n’en démordent pas. L’envie d’expérimenter, de s’exprimer ou tout simplement d’exister prime sur tout le reste et résonne ici dans chaque geste, proposition et matière.
L’image, le métal, la terre cuite, le textile ou encore le papier… les matières s’entremêlent dans un jeu de dialogue, de contraste et de confrontation. Elles reflètent une forme de pluralité qui trouve son point de ralliement dans les propos des œuvres, toutes nourries par des histoires personnelles et des expériences sociales de chacun.
C’est sans doute ce qui fait le charme et l’esprit des premières œuvres en général, et la qualité des pièces de ces jeunes artistes en particulier, elles se révèlent à la face du monde comme des autoportraits de leurs auteurs. Dans le cas précis de ces installations, la force de chaque proposition réside dans cette forme d’équilibre et de justesse, car il n’existe pas d’exercice plus périlleux que celui de parler de soi et de son propre univers, avec le dilemme posé par les formules et les représentations.
Par le biais de son histoire familiale, Rose Kely Ranarivelo réinterprète à travers sa pièce un moment qu’elle affectionne particulièrement : Retour à la source . Miverina amin’ny fihavanana. C’est à partir de plusieurs médiums tels que la céramique, le bois, la peinture, que l’artiste restitue d’une manière abstraite sur une table rêvée les composants de ce moment familial. En s’inspirant des essences de sa double culture franco-malgache, son travail d’agencement entre en résonance avec les références culturelles et sociales en termes de goût et d’esthétique.
Pour réaliser son œuvre, Fitiavana Ratovo s’est approprié un principe de construction que l’on côtoie dans la vie quotidienne. Cette série de tôles sculptées, accrochées à la manière d’une galerie de portraits, représente les membres d’une communauté qui partagent la même vision, les mêmes valeurs et projettent le même avenir. Iray lalana — qui signifie littéralement partageant le même chemin — sonne comme un vœu pour une prise de conscience collective de notre société en crise.
Par la force de la matière et la puissance de l’image, Andy Rasoloharivony invite et engage le spectateur à entrer dans une église pour faire l’expérience de L’urgence de la foi. Dans un jeu de contraste saisissant, le vidéaste présente en images des symboles forts de la foi chrétienne au milieu d’un décor de chantier. La lumière naturelle du jour, qui s’infiltre dans cet espace mystique et sacré, conduit l’expérience à son apogée.
Sanka, quant à elle, présente une première œuvre qui met un accent sur sa longue expérience en tant que portraitiste en dessin. Cette pièce est composée d’une série de portraits originaux, ainsi que de leur reproduction. À travers cette installation qui nous plonge dans la profondeur et la puissance du regard, la fenêtre de l’âme, l’artiste se rappelle ses débuts (en dessin) : à l’âge de quatre ans, un souvenir tendre lié à sa mère et à l’école primaire. Cette œuvre lui ramène à l’instant des premiers gestes et au rêve de devenir artiste.
La Nouvelle Main, une esquisse du futur plein d’incertitude, mais avec la certitude de quatre jeunes espoirs avec leurs désirs de faire et de fabriquer leur temps.
Joël Andrianomearisoa et Rina Ralay-Ranaivo
2022














